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D'origine sri lankaise et à présent installé à Paris, après quelques années à Chypre, le peintre V.P. Vasuhan propose un art où matière et couleur se rencontrent aux confins de l'abstraction et de la figuration. Désormais habitué des expositions de peinture contemporaine mais aussi pratiquant d'autres modes d'expression artistique, il nous parle ici de sa vie et de son art.
 
Interview in Franch
  • IR : V.P.Vasuhan, pouvez-vous s'il vous plait vous présenter à nos visiteurs ?

VPV : Je m'appelle V.P.Vasuhan, je suis né et j'ai grandi à  Alaveddy North, et ensuite j'ai vécu à Colombo, Sri Lanka. Je suis parti vivre à Chypre (Nicosie, Ayia napa, Larnaca) et ensuite je suis venu en France (Paris).
   Je suis l'aîné de ma famille et j'ai deux soeurs Sathyabama et Niththila. Mon père s'appelle Mr.Velupillai Poopalasingham, et ma mère Thevhi.
   J'ai fait mes études au
, Thelipalai, puis Colombo , Sri Lanka, et j'ai terminé d'étudier au Center of Higher Studies (, Nicosia, Chypre).
   J'ai toujours participé à des manifestations artistiques et des expositions pendant mes études. Ma première expo sur des grands formats était en 1997 - à la salle Melina Mercuri, Nicosie, Chypre, avec cinq artistes cypriotes et un britannique. J'ai aussi été l'assistant de mon professeur d'art Mr.Glyn Hughes. Ma première exposition personnelle a eu lieu en 2004 - Bayadere, Paris, France.
   J'avance toujours sur le chemin des couleurs...

  • IR : Pendant votre jeunesse, saviez-vous que vous alliez devenir artiste peintre ? Quand avez-vous commencé à peindre ?

VPV : Aujourd'hui, je pratique plusieurs disciplines artistiques, le cinéma, la photo, la musique (DJ), la danse et la poésie, mais toutes ces expériences sont venues plus tardivement, alors que j'ai toujours peint. Depuis ma petite enfance, j'ai toujours été intéressé par la couleur. Même maintenant, s'il m'arrive d'oublier le dessin et la peinture, ils ne me laissent pas les oublier longtemps. Dès que je me suis intéressé à la couleur, j'ai eu envie de dessiner. J'ai débuté avec mon père, Mr. V. Poopalasingham, qui dès le début, m'a acheté du matériel de qualité. J'ai continué à l'école maternelle avec Mrs. Indra, puis au Mahajana College avec mon premier professeur de dessin Thiyagaraja Master, et ensuite à Colombo au Hindu College avec mes professeurs Lalitha Nadaraja et Mr. Thayabaran. En suivant leurs conseils, j'ai participé à toutes les manifestations artistiques organisées pendant les années d'école. J'ai continué mes études supérieures à Chypre, où j'ai eu la grande chance de rencontrer Mr Glyn Hughes, avec lequel j'ai participé à ma première exposition collective en novembre 1997. C'est le fait de travailler avec lui qui m'a fait ressentir pour la première fois le fait d'être un artiste, même si au début ça me faisait un peu peur. J'ai fait ma première exposition solo à Paris en juin 2004, la deuxième la même année, et depuis j'ai pu exposer chaque année avec du travail nouveau. Je continue encore aujourd'hui.
  
Mes amis ont commencé à m'appeler un artiste, je ne me sentais pas vraiment comme tel, mais ça me faisait plaisir de leur montrer mon travail, et aujourd'hui je pense que je peux vraiment me considérer comme un artiste, même s'il faut toujours que je continue à travailler. Le temps répondra à la question de savoir si je peux vraiment m'appeler artiste ou pas.

IR : Est-ce que vous avez suivi une formation ou des cours ?

VPV : Oui, et tous mes professeurs m'ont beaucoup appris, mais la formation la plus précieuse pour moi a été mon temps avec Mr Glyn Hughes, au cours duquel j'ai pu travailler avec lui, dans son atelier, pendant presque quatre ans.

IR : Quels sont les artistes que vous admirez ?

VPV : Comme tout le monde, j'adore la nature, qui a été ma première source d'admiration. Je ne peux pas dire que j'aime un artiste, ça dépend plus du thème de son travail que de la personne elle-même. Bien sûr, j'aime énormément les grands peintres de la nature, Van Gogh, Monet...

 

IR : Qu'est-ce qui vous inspire ? Est-ce que votre pays est une source d'inspiration ?        

VPV : Je puise mon inspiration dans la nature, qui est partout, et de mes amis, qui sont partout. J'ai vécu dans trois pays, ayant des atmosphères, des langues et des cultures différentes qui me donnent des idées nouvelles pour mes tableaux, mais évidemment, je ne peux pas oublier mon pays natal, avec sa nature si verte. Je travaille sur beaucoup de toiles avec ceci en tête. Pour moi, Chypre est une île bleue, avec la mer toujours proche. Paris m'a donné la chance de voir beaucoup d'œuvres de maîtres, et l'atmosphère de la France m'inspire aussi beaucoup.

IR : Si vous regardez vraiment à l'intérieur de vous-même, pouvez-vous dire pourquoi vous peignez ? Qu'est ce que cela vous apporte ?

VPV : Comme je viens de le dire, j'adore les couleurs et la peinture, et il faut que je peigne dès que j'en ai envie. Quand j'ai terminé, j'ai l'impression d'avoir donné naissance à un enfant. Mes sujets principaux sont la nature : les paysages, les oiseaux, poissons, papillons, animaux... En grandissant, j'ai réalisé que même quand je suis en colère j'aime jeter des couleurs sur une toile pour me calmer. Certaines de mes toiles évoquent les problèmes dans le monde et la façon dont les gens doivent se battre pour survivre, comme la guerre civile au Sri Lanka. C'est surtout la souffrance des étudiants et des orphelins qui me touche.

IR : Pourquoi avez-vous décidé de venir vivre en Europe ?

VPV : Après mes études à Chypre, je suis rentré et je voulais vivre dans un pays où je pouvais poursuivre ma carrière artistique de la meilleure façon, donc j'ai beaucoup réfléchi à ce sujet.

IR : Est-ce facile d'être un artiste sri lankais en France ? Comment votre travail est-il considéré ? Vous considérez-vous comme un artiste sri lankais, un artiste tamoul, ou un artiste tout court ?

VPV : Les deux guerres mondiales ont vraiment démoli le pays, mais néanmoins, plusieurs artistes connus ont vécu en France, et plusieurs artistes étrangers sont venus s'établir en France. Les Français sont ouverts à beaucoup de formes artistiques, et à partir des commentaires que je reçois dans les livres d'or de mes expos et sur mon site web, je vois les impressions de ceux qui aiment mon travail, quelles que soient leur origine et leur culture, donc ce n'est pas difficile pour moi d'être un artiste sri lankais en France. Tout ceci me fait penser que je peux progresser. C'est cela qui me fait sentir que je suis un artiste.

IR : En tant qu'artiste ou individu, pouvez-vous nous donner un message sur la tragédie qui frappe le Sri Lanka, cette guerre qui fait rage à nouveau dans le pays ?

VPV : Vous avez raison, il y a une guerre civile depuis maintenant presque 50 ans dans notre pays, qui est depuis peu encouragée par les puissances militaires mondiales pour tester leurs armes (comme la situation dans certains pays d'Afrique par exemple), et qui affecte particulièrement les jeunes et les étudiants au Sri Lanka. Il faut que ça se termine d'une façon ou d'une autre, les gens sont fatigués de souffrir et plusieurs meurent chaque jour. J'espère que ça s'arrêtera bientôt.

IR : Est-ce que vous savez qu'il y a de nombreux descendants de Tamouls à la Réunion ? Aimeriez-vous exposer là-bas ?

VPV : Bien sûr que je sais qu'il y a des Tamouls à La Réunion et aussi à Maurice, comme dans les Caraïbes et même en Extrême-Orient. Aujourd'hui, après le début de la guerre civile, il y a des Tamouls partout dans le monde, surtout en Europe, au Canada et en Australie. Il y a même une nouvelle génération de Tamouls née à l'étranger. Pour revenir à La Réunion, bien sûr que j'aimerais exposer là-bas, mais c'est difficile d'organiser d'aussi loin. En fait, une de mes toiles préférées, « Apsara5 » se trouve dans une collection privée à La Réunion. J'ai aussi le projet d'avoir une expo en Guadeloupe avec Jean S. Sahaï.

IR : Quels sont vos autres projets pour l'avenir ?

VPV : D'une façon ou d'une autre, je suis toujours occupé par des activités artistiques, et je sens que je peux continuer à avancer sur cette voie